UNE SIAMOISERIE POUR TROIS (Couv_1)

UNE SIAMOISERIE POUR TROIS

Premier roman.
  • 16,00 €
Auteur : 
Editeur : 
Collection : 
Genre / Thème : 
Public : 
Date de parution : 
Novembre 2014
Isbn : 
9791091336048
Dimensions : 
200 × 130 × 14 mm
Poids : 
190 g
Nombre de pages : 
168
Statut : 

Description de l'éditeur :

Lorsqu’on termine la lecture du manuscrit d’ Une Siamoiserie pour trois reçu par la poste, on est frappé par la liberté de ton et l’originalité de ce texte d’un jeune écrivain inconnu : sans faire de comparaisons toujours lourdes à porter, il y a certainement du Charles Bukowski et du Boris Vian dans l’inspiration de cet auteur !

Ces références viennent spontanément à l’esprit en découvrant pour la première fois les multiples situations toujours cocasses, parfois choquantes, souvent absurdes qui jalonnent ce récit captivant. On ne peut que tomber sous le charme de cette écriture « littérairement incorrecte » d’une génération qui ne s’encombre pas de fioritures (l’auteur a trente ans ; Juan Corpega est son pseudonyme).

En entrant dans ce roman, on découvre tour à tour trois personnages attachants, Benson-Pygson, Tokiwa et le narrateur dont on ignore comme pour l’auteur le nom, qui sont comme les trois « sommets » d’une même figure, figure impaire chère à Verlaine : « De la musique avant toute chose / Et pour cela préfère l’Impair / Plus vague et plus soluble dans l’air / Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ». 

Ils se débrouillent comme ils peuvent – « On faisait ce qu’on pouvait. » est d’ailleurs la phrase qui ponctue cet ouvrage – avec les relations qui peuplent leur existence et encombrent leur espace social, que ces relations soient circonstancielles, amicales ou professionnelles, amoureuses et sexuelles, formatrices ou encore, rédemptrices.

 

 

Extrait (dernier paragraphe du chapitre 1) :

Pages 25 à 26.

–– Vous savez, même à moi les choses me paraissent emmêlées… Cette histoire de pygmée, rendez-vous compte, au saut du lit ça m’est resté dans le crâne. On ne devrait pas avoir à raconter ses rêves à des inconnus… Doc, je suis désolé.

Le toubib me regarde drôlement à travers sa loupe. Il n’est que généraliste mais peut-être que sa vocation c’était de devenir psy.

–– Ouvrez grand la bouche, il me dit.

–– Vous voyez, ma vie n’a peut-être rien de palpitant mais ça m’empêche pas d’avoir des trucs bien à dire. La preuve c’est que vous m’écoutez.

–– Tirez la langue je vous prie.

–– Oui. En tout cas ce matin j’ai ressenti le besoin de me confier. Benson a ce comportement tellement biscornu parfois… ça me taraude… « Ça me taraude », vous voyez ? D’habitude j’emploierais jamais ce mot ! J’en cauchemarde je vous dis. À ma place vous feriez quoi ?

Il réajuste sa binoculaire puis règle la netteté, il essaye de voir plus profond.

–– Votre palais est tout infecté. Il n’y a aucun traitement pour ça.

–– Qu’est-ce que vous me racontez ? Les toubibs vous êtes tous les mêmes, on vient vous voir pour parler dans l’intimité et vous nous trouvez des cancers…

–– Pas un cancer monsieur mais… Non mais attendez, faites « Ha » je vous prie, je crois que je viens de trouver quelque chose.

J’ai son espèce de bâton de glace qui pousse au fond de mon gosier. À ce moment je ne peux plus parler.

–– Il y a quelque chose de sombre dans votre bouche, il me dit. Je vais procéder à une ablation.

Je le regarde avec circonspection, le mieux qu’on puisse faire avec la bouche ouverte.

Il s’active et je me rends compte qu’il a bien du mal à faire son métier, il titille et il racle, il insiste et me dit que ça colle.

–– Voilà ! il fait en agitant la chose sombre sous mon nez. C’est délirant mais vous aviez un Carambar enroulé sur la glotte… Sans blague !

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